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MONDE TERRESTRE - Souterrain

LEXIQUE SPELEOLOGIQUE

Lieux

  • Galerie – Passage normalement praticable, continu sur une certaine distance, dont la hauteur est supérieure à la largeur. Une galerie basse, étroite et malcommode est un boyau.

  • Aven, gouffre, abîme, fosse, igue – En terrain karstique, accès vertical de caverne profonde. La plupart des gouffres proviennent d’un effondrement de cavités inférieures, on peut alors préciser « gouffre d’effondrement ».

  • Caverne – Cavité souterraine ayant, d’une façon ou d’une autre, un rapport avec l’Homme. Une caverne peut être naturelle ou artificielle, elle peut être une grotte que l’Homme a considérée, par exemple pour receler des animaux ou des légendes. Cavernement – Globalement, c’est la formation d’une caverne ; plus spécialement, c’est un indice de l’intensité du développement des cavités dans une roche ou un massif. Exemple : le cavernement des laves de Hawaï. Cavernicole – Animal ou végétal vivant sous terre. Il existe une nomenclature précise selon que les êtres vivants se trouvent exclusivement ou occasionnellement dedans ou ne vivent qu’à l’ombre près des entrées, voir troglodyte, troglobie, trogloxène, troglophile. Four – Caverne ou salle dont la voûte se présente sous la forme d’un four à pain.

  • Doline, fosse, perte – Dépression fermée d’un terrain calcaire, en entonnoir ou en cuvette. Les dolines se forment par l’effondrement de cavités inférieures et jalonnent un cours d’eau souterrain ou fossile. Une doline de plus vastes dimensions est un poljé. Suçoir – Synonyme de perte active, mais noyée, localisée et impénétrable ; soit parce que ce sont des fissures, ou alors des sédiments perméables. S’emploie aussi pour le point le plus bas d’une doline.

  • Entonnoir – En terrain karstique, trou aux bords évasés où se perdent ou se sont perdues (il peut aussi être sec) les eaux de ruissellement ; synonyme de gouffre en Ardenne.

  • Glacière naturelle – Cavité naturelle permettant la conservation de la glace.

  • Grotte – Cavité souterraine à dominante horizontale, sans préjuger de l’amplitude, de la profondeur ou de la nature du terrain, pourvu qu’elle soit pénétrable par l’Homme.

  • Réseau – Système karstique distinct de galeries actives et fossiles dont la continuité a été avérée par l’exploration ou l’expérimentation (mesures, analyses, coloration). Plusieurs réseaux peuvent voisiner dans un massif karstique sans communiquer. Dans un réseau, on peut désigner des « sous-réseaux », en parlant par commodité du réseau fossile et du réseau actif.

  • Système souterrain – Structure souterraine comportant tous les éléments appartenant à un même ensemble de réseaux d’un massif. Un système hydrogéologique souterrain comprend éventuellement les pertes, les résurgences, les cours d’eau et leurs affluents, les galeries fossiles et actives, pénétrées ou non, ainsi que tous les accès et les indices extérieurs, dolines, effondrements, etc.

Détails du parcours

GALERIES, PASSAGES

  • Boyau – Longue galerie relativement étroite et basse, malcommode.

  • Chatière, étroiture, étranglement, goulot, boîte-aux-lettres – Passage difficile très étroit et surbaissé, qui ne peut être franchi qu’en rampant. On peut parler de chatière descendante, remontante ou en baïonnette en boîte à lettres, etc.

  • Cheminée – Puits remontant, généralement peu large.

  • Cluzeau – Nom des souterrains refuges taillés dans la roche, parfois en paroi. Beaucoup de cluzeaux proviennent de parties de grottes retaillées.

  • Conduite forcée – Galerie montrant par la disposition des sédiments au sol et les traces d’érosion des parois, que lorsqu'elle se met en charge, l’eau occupe tout le volume avec un débit puissant.

  • Diaclase – Fracture naturelle entre une ou plusieurs limites de strates ; généralement, une diaclase est à peu près verticale. Pour permettre le passage il faut que l’eau l’ait élargie, car une diaclase est une faille sans déplacement. Par assimilation, les spéléologues parlent de diaclase pour toute galerie rectiligne bien plus haute que large.

  • Laminoir – Passage large mais très bas, se développant souvent sur un joint de stratification.

  • Méandre – Sinuosité de la galerie d’un cours d’eau souterrain, ou d’un cours d’eau fossile. Par extension, on donne le nom de méandre à un surcreusement du lit du cours d’eau souterrain. Le plus souvent le surcreusement est étagé et présente des profils divers, parfois problématiques.

  • Puits – Galerie verticale. Par extension, on désigne par puits une descente verticale, même sur les marges d’un gouffre ou d’une salle, lorsqu'on doit se servir d’agrès. Dans les rapports, les spéléologues abrègent en « verticale », dans tous les cas ce terme n’est employé que lorsqu'il ne peut y avoir de confusion avec un puits artificiel.

  • Salle – Espace souterrain présentant un élargissement plus ou moins notable de la galerie, et dont le sol n’interrompt pas le cheminement sans agrès. Certains espaces sont qualifiés de salles lorsqu'on peut se tenir debout, d’autres se mesurent en dizaines de mètres.

  • Siphon – Galerie d’un cours d’eau souterrain entièrement noyée, nécessitant l’utilisation de matériel spécial de plongée ou de pompage, voir Plongée souterraine et voûte mouillante.

FORMES DE LA ROCHE

  • Cloche – Se dit d’un profil de puits ou de rotonde évasé vers le bas. Un puits en cloche. Une cloche dans un plafond est une forme d’érosion en coupole. Dans un cours d’eau souterrain une cloche noyée est susceptible de retenir de l’air ou un gaz.

  • Coups de gouge – Terme courant pour désigner les vagues d’érosion en cupules sur les parois de certains cours d’eau souterrains, actifs ou fossiles. Cette formation caractéristique des calcaires à grain régulier peut se trouver aussi sur la glace. Les cupules semblent se former par des micro-turbulences dans le film d’eau en contact avec la roche (cavitation). Leur taille varie selon la vitesse du courant, leur asymétrie indique le sens d’écoulement, l’abrupt du creux de la cupule se trouve vers l’amont. La thèse de l’action chimique de l’eau acide est privilégiée par rapport à l’action mécanique. La combinaison des deux effets est certaine, en particulier dans les grottes naturellement riches en gaz carbonique et humique qui se dissolvent dans le film d’eau de condensation, préparant ainsi un enlèvement mécanique lors des crues avec des eaux chargées. Cependant il convient d’être encore prudent, des études sont en cours.

  • Fissure – Mot très fréquent dans les rapports de spéléologues, mais ne correspond pas à une dimension ou forme particulière, on devra préciser s’il s’agit d’une fente, une diaclase, un joint, etc. Une zone fissurée peut être le témoin d’une roche dégradée et dangereuse.

  • Joint de stratification – Limite entre deux strates. Le joint est parfois élargi par l’eau et pénétrable. Son caractère est le plus souvent horizontal lorsque les strates ne sont pas dressées, voire verticales.

  • Strate – Couche de roche sédimentaire homogène continue, dont l’épaisseur peut aller de quelques centimètres à plusieurs mètres. Dans un relief tabulaire les strates sont horizontales. Cependant, les strates s’inclinent, se redressent, voire se renversent, se fracturent, selon les plissements et accidents tectoniques.

  • Voûte mouillante ou rasante – Se dit lorsque la voûte de la galerie contenant une rivière souterraine vient toucher la surface de l’eau, parfois localement, permettant le passage sans équipement de plongée, sinon on parle de siphon.

 

 

EAU

  • Bouillon – Emergence non pénétrable temporaire formant un geyser pouvant atteindre 2 m de hauteur.

  • Emergence, fontaine, exsurgence, résurgence, exutoire – Source, sortie d’eaux souterraines.

  • Event – En karstologie, il s’agit d’un orifice communiquant avec un cours d’eau souterrain susceptible d’évacuer le trop-plein lors de crues. Lorsque le réseau est fossile, le terme peut être donné par analogie à un orifice secondaire censé remplir ce rôle.

  • Glou-glou – Endroit où l’eau s’écoule en émettant un son proche d’un gargouillis.

  • Marmite – Cuvette d’érosion, plus ou moins profonde, dans un cours d’eau souterrain. Analogie avec les marmites de géant des torrents.

TRAVAIL DE L’HOMME

  • Cairn – Amas de pierre réalisé par des explorateurs pour servir de point de repère.

  • Désobstruction – Travail permettant d’ouvrir un passage existant ou supposé vers une cavité. Le passage peut être simplement colmaté par des alluvions, des dépôts de calcite, des éboulis ou être naturellement trop étroit. Pour entreprendre un tel travail il faut en premier lieu disposer d’indices suffisants, par exemple la situation par rapport à une cavité connue ou la présence de courant d’air. En théorie, la désobstruction est l’enlèvement d’obstructions, alluvions, rocailles, concrétions, etc. dans les rapports spécialisés on peut trouver le terme de forcement, lorsqu'il s’agit d’élargir un passage en attaquant la roche en place.

  • Explosifs – En spéléologie, ce terme est employé à tort pour parler de pétardage ou pétardement, la quantité d'explosifs étant minime, mesurée pour un effet local sans provoquer d'effondrements. Toutefois, cette opération est obligatoirement confiée à un équipier artificier breveté, agréé par la préfecture, et dont le stock d'artifices est sécurisé et contrôlé par la gendarmerie, comme pour les carriers. Le principal danger est la toxicité des explosifs eux-mêmes, mais surtout la nocivité des gaz d'explosion en milieu humide.

  • Fluorescéine – Substance chimique à grand pouvoir colorant permettant le traçage des cours d’eau souterrains. D'autres produits, comme la rhodamine peuvent être utilisés. Ces substances en très faible dilution sont encore capables de faire réagir des capteurs grâce à la fluorescence.

  • Prospection – Préliminaire à la découverte et l’exploration de cavités. La prospection consiste en l’examen minutieux d’un massif susceptible de receler un potentiel de cavernement. On procède par observation des indices karstiques sur les cartes et sur le terrain : exsurgences, pertes, lapiaz, dolines, etc. Il faut aussi effectuer des enquêtes auprès des habitants, selon les indications relever les courants d’air saisonniers et éventuellement les exsurgences de crues.

  • Purger – Opération qui consiste à nettoyer une verticale pour limiter les chutes de pierres. Pour purger un puits, il est logique de commencer par le haut, en ne laissant pas traîner ses propres agrès en dessous. Dans tous les cas, il est prudent de vérifier que les déblais n’obstruent pas la suite, surtout s’il y a des spéléologues en aval.

  • Relais – Ressaut, vire, redan, palier ou plateforme utilisable dans un grand puits pour fractionner la descente. Parfois un équipier doit « rester en relais » pour aider à la manœuvre de descente ou de remontée de matériel.

COMPOSITION DU TERRAIN

  • Karst – Terme générique pour un type de relief calcaire. Karst éponge, karst spongiforme – Type particulier de formation de cavités en zone submergée ou en nappe phréatique ; après abaissement géologique du niveau des nappes, ou exhaussement des massifs, les cavités fossiles ne présentent pas les caractères habituels des systèmes karstiques cohérents et évoquent les alvéoles de l’éponge. Karstique – Adjectif relatif à tout relief ou région susceptibles d’avoir été façonnés par des eaux souterraines libres ; se rapporte au phénomène d’érosion par infiltration et dissolution de la roche. On emploie l’adjectif pseudokarstique lorsque la roche n’est pas essentiellement calcaire (grès, gypse, sel gemme, laves, etc.).

  • Lapiaz – Formation d’un terrain karstique, présentant de larges surfaces de roche à nu, particulièrement érodée en sillons plus ou moins profonds, pouvant parfois donner accès à des cavités profondes. Le principal agent d’érosion est le ruissellement de l’eau de pluie chargée d’acide carbonique.

GÊNES POUR L’EXPLORATION

  • Gaz – La présence de gaz dans l’atmosphère d’une cavité est l’objet de la plus grande attention. Si la plupart des grottes présentant un courant d’air n’ont aucun problème, les grottes sous couvert végétal et avec un courant d’air absent sont susceptibles de receler une certaine proportion de gaz carbonique. Au-delà de 3 % de CO2, le séjour sous terre devient dangereux, si le CO2 n’est pas toxique, il agit par privation d’oxygène (anoxie). Plus rarement, d’autres gaz toxiques peuvent intervenir. Dans le langage familier, « le gaz » est aussi le vide en dessous.

  • Remplissage – Matériau naturel, parfois provenant d’apports humains ou animaux, obstruant totalement ou en partie les galeries fossiles ; ce sont des alluvions, et plus généralement de l’argile.

  • Trémie – Eboulis provenant d’un orifice communiquant avec la surface ou un étage supérieur. Les trémies se présentent sous la forme d’un cône de matériaux éboulés, elles bouchent parfois les galeries et doivent éventuellement être l’objet d’une désobstruction souvent délicate.

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DEPÔTS MINERAUX

Les spéléothèmes, appelés plus couramment concrétions, sont des dépôts minéraux précipités dans une cavité naturelle souterraine (grotte, gouffre...). Ils donnent souvent des formes variées qui ont fécondé, par le phénomène de paréidolie, l'imaginaire populaire, d'où leurs microtoponymes locaux.

Formes

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Les principaux spéléothèmes rencontrés en milieu souterrain sont les suivants :

A - Stalactite

B - Fistuleuses

C - Stalagmite

D - Stalagmite

E - Colonne

F - Draperie

G - Draperie

H - Excentriques

I - Mondmilch

J - Margelle de gour

K - Cristaux de calcite

L - Cascade de gours

M - Karst

N - Lac, gour

O - Disque

P - Cave cloud

Q - Perles des cavernes

R - Cône

S - Trottoir

T - Méduse

U - Bottlebrush stalactite

V - Antistalagmite

W - Plancher suspendu

X - Trays

Y - Calcite flottante

Z - Coralloïdes

AA - Frostwork

AB - Coulée

AC - Stalagmite en pile d'assiettes

AD - Speleoseismite

AE - Filonnet de calcite en relief

AF - Stalactite courbe

AG - Stalactites brisées

Ces spéléothèmes sont généralement constitués de carbonate de calcium (calcite, aragonite) ou de sulfate de calcium (gypse) transportés en solution dans les eaux de percolation. Au contact de l'air plus chaud d'une cavité, la solution, pendant qu'elle ruisselle ou gicle (alors éventuellement transportée en aérosol), peut précipiter par l'effet de l'évaporation de l'eau et/ou de la décharge du CO2.

La vitesse de concrétionnement dépend principalement de la quantité de dioxyde de carbone (CO2) dans la solution, de la température et de l'hygrométrie. La forme et la nature de l'accumulations des précipités, qui peut prendre des dizaines de milliers d'années, détermine le type de spéléothème.

LES CHOUX-FLEURS

Ce sont des concrétions en pelotons crépus se développant par plaques sur les parois, rappelant la forme et la couleur du chou-fleur. Outre son intérêt ornemental, les galeries et les passages « dans les choux-fleurs » sont redoutés car ils sont abrasifs pour qui ne mettent pas de gants ou de genouillères.

LES CONCRETIONS FORMEES SUR L’ARGILE (CHEMINEES DE FEE)

Quand le sol d’une galerie est argileux et qu’il est soumis à des gouttes d’eau tombant d’une certaine hauteur, il peut se produire une érosion ressemblant aux cheminées de fée.

LES CONCRETIONS FORMEES SUR L’EAU (CALCITE FLOTTANTE)

A la surface de l’eau stagnante, il se forme parfois des cristallisations flottantes. Elles se développent dans les gours ou laisse d’eau peu renouvelée, où les eaux sont sursaturées en bicarbonate de calcium et qui ne sont plus ou peu alimentés en eau. C’est une pellicule de calcite d’environ 2 mm d’épaisseur qui se forme à la surface de l’eau, soit librement, soit attachée à un bord. L’ensemble est maintenu à la surface de l’eau grâce au parfait équilibre entre le poids de la concrétion (force de la pesanteur) et la tension superficielle.

 

LES AIGUILLES DE GYPSE

Le gypse, minéral très répandu, est universellement connu par les nombreuses variétés morphologiques de ses cristaux. Il est ainsi qualifié de fer de lance, pied d’alouette, fibreux, terreux, grenu, saccharoïde, lamellaire, spathique, lamellaire fin ou sélénite, vitreux transparent ou pierre de lune, mica, spath satiné, pailleté de soleil, rose des sables... et sa variété la plus dure, à beau poli, à masse granulaire très fine, employée par les sculpteurs et décorateurs se nomme même par sa blancheur immaculée albâtre. Le gypse cristallise selon des faciès très différents et possède ainsi, du fait des nombreux aspects de ses cristaux, des variétés extrêmement diverses. Il reste rare dans les cavités.  Ici, ce sont de très fines aiguilles qui tapissent entièrement le plafond et les parois des galeries.

 

LES MEDUSES

Le terme imagé de méduse désigne une concrétion volumineuse, présentant une forme de révolution concave, avec des draperies sur le pourtour. Ces concrétions se retrouvent surtout sur les flancs des parois des cavités, ou l’arrivée d’eau est beaucoup plus importante qu’un simple égouttement.

 

LES PLANCHERS STALAGMITIQUES

Un plancher stalagmitique correspond à une couche continue de calcite recouvrant le sol d’une grotte. Il s’agit d’une formation carbonatée de nature similaire aux stalactites et aux stalagmites, mais se présentant sous la forme d’une nappe se formant à la surface du sol. L’épaisseur des planchers stalagmitiques varie de quelques centimètres à plus d’un mètre. Plusieurs planchers peuvent être interstratifiés dans le remplissage d’une grotte.

 

LES FLEURS DE GYPSE

Les principaux minéraux présents sous terre sont l’aragonite et la calcite mais on y rencontre aussi occasionnellement du gypse. Lors d’explorations souterraines, les fleurs de gypse sont les formes les plus typiques de la cristallisation du sulfate de calcium. Les grottes qui contiennent du gypse sont souvent celles dont la roche-mère contient de la pyrite mais il semble probable que la présence de bactéries dans le sol entraînerait une oxydation rapide de la pyrite d’où une cristallisation du gypse. Il est certain que si l’on faisait des analyses de ces amas calcitiques, on trouverait de nombreux éléments argileux (mica, quartz, feldspath...etc.), l’argile étant un des matériaux majeurs omniprésents dans le milieu souterrain. On rencontre notamment des fleurs de gypse dans le Jura, le gypse étant souvent présent dans les calcaires de base du Jurassique.

 

LES GEODES

Les géodes sont des formations rocheuses trouvées dans des roches sédimentaires ou volcaniques dans le monde entier. Une géode ressemble à un rocher sphérique régulier de l’extérieur, mais à l’intérieur il contient des gisements minéraux ou de cristaux. La couche extérieure de la roche, généralement calcaire, est appelée la "croûte". Les géodes creuses peuvent avoir des cristaux de quartz à l’intérieur. Parfois des dépôts minéraux remplissent complètement l’intérieur ; ce type de formation est dénommé un nodule. Les géodes des formations sédimentaires se forment suite à des cisaillements, des effondrements souterrains ou des dissolutions, tout ce qui peut provoquer la création d’une cavité souterraine. Leur taille peut donc atteindre des dimensions considérables et créer une géode dans une caverne complète. Généralement, les géodes en terrain sédimentaire se forment :

  • Par cristallisation classique, facilitée par le fait que l’enveloppe est souvent plus poreuse ou avec plus de fissures qu’une géode magmatique.

  • Par concrétionnement, qui est une forme de sédimentation mais avec solidification des stalactites et stalagmites par exemple.

Une géode peut très bien se créer dans une cavité formée par une circulation d’eau souterraine et sa cristallisation se former à partir de la même eau, chargée en sels minéraux, qui a servi à creuser la cavité.

 

LES CRISTALLISATIONS FORMEES DANS L’EAU

Des cristaux de calcite allongés naissent parfois sur le pourtour des gours.

 

LES EXCENTRIQUES

Ce sont des concrétions ne respectant pas toujours les lois de la pesanteur, d’où des formes les plus étranges qui soient : volutes, boucles, aiguilles, aux directions multiples et aux angles divers... D’une croissance très lente, ils se constituent à partir de la paroi ou sur des stalactites. Ce ne serait ni les courant d’air, ni les champs électriques ou magnétiques à l’origine de ces concrétions, mais bien la pesanteur qui leur donne une verticalité, la tension superficielle qui maintient la goutte accrochée au plafond, la pression, les forces de cristallisation qui s’exercent dans toutes les directions, les variations de débits, les impuretés de l’eau, etc. Les facteurs importants dans la formation de ces concrétions sont les arrêts et reprises de l’alimentation en eau et la présence d’impuretés. Les dernières impuretés de l’eau se déposent lorsque l’alimentation en eau s’arrête. Lors de reprise de l’écoulement, la cristallisation va reprendre en faisant un léger angle avec le cristal précédent.

LES PERLES DES CAVERNES (OU PISOLITHES)

Lorsqu’un petit grain de roche est prisonnier d’un petit bassin, l’arrivée régulière d’un filet d’eau dans ce bassin peut le faire tournoyer sur lui-même. La calcite se déposant régulièrement sur toute sa surface, on finit par obtenir une petite perle plus ou moins sphériques présentant à l’intérieur des couches concentriques de calcite.

 

 

 

LES COLONNES ET LES PILIERS

Si la hauteur entre le plafond et le sol est assez réduite, il peut arriver que la stalactite et la stalagmite se rejoignent. Il se forme alors une colonne qui peut s’épaissir peu à peu en pilier.

 

LES FISTULEUSES

Ce sont des stalactites provoquées par un écoulement de très faible débit. Chaque goutte d’eau dépose avant sa chute une très fine couche annulaire de calcite qui se dispose immédiatement sous la précédente. Ainsi naît une concrétion tubulaire descendante, alimentée par l’intérieur. Elles ont la forme d’un tube creux très fin (5 à 8 mm), très fragile, mais pouvant atteindre exceptionnellement plusieurs mètres de longueur.

LES DRAPERIES

Lorsque l’eau, au lieu de s’écouler directement du plafond d’une galerie, ruisselle le long de la paroi, la construction de la concrétion peut donner des formes très variées rappelant des draperies, des méduses, des cascades, des orgues…

LES STALACTITES

Une stalactite est une concrétion de calcite descendante, qui se forme aux voûtes des grottes, souterrains et constructions en béton, par la chute lente et continue d’eaux calcaires.

Elles se forment par cristallisation à l’air des sels dissous par l’eau dans la roche (ou dans le béton) à des vitesses très variables : de quelques centimètres par an à moins d’un millimètre par millénaire, selon la teneur de l’eau en sels minéraux, selon le débit de l’eau et selon la vitesse d’évaporation ...

LES DISQUES DE CALCITE

Les disques sont des concrétion plates, circulaires se projetant, soit obliquement, soit perpendiculairement aux parois de la grotte. Les dimensions sont de l’ordre de quelques centimètres d’épaisseur et du mètre pour le diamètre. Ce spéléothème reste rare. Il faut que de l’eau jaillisse d’une fissure de la roche pour qu’un disque se forme. La cristallisation se fait alors de part et d’autre de cette fissure de sortie. Deux concrétions plates se forment avec un film sous pression d’eau entre elles. Les disques sont donc formés de deux plateaux circulaires ou ovales, séparés par un vide de quelques millimètres seulement. La dimension des disques est fonction de la pression initiale de l’eau. Celle-ci se répartit sur l’ensemble de la périphérie du disque au fur et à mesure de sa croissance, jusqu’à ce qu’elle devienne insuffisante pour provoquer la formation de jet d’eau à la commissure.

 

LE MONDMILCH

Le mondmilch est aussi appelé "lait de lune" par les spéléologues car pressé dans une main il donne un liquide blanchâtre. Carbonate hydraté dont la composition chimique et la nature minéralogique dépendent pour une large part de la montagne environnante et des minéraux véhiculés par les eaux d’infiltration. C’est un matériau hygroscopique (c’est-à-dire qui absorbe et retient l’humidité).

 

LES STALAGMITES ET ANTI-STALAGMITES

Une stalagmite est une concrétion de calcite montante, qui se forme sur le sol des grottes et souterrains par la chute lente et continue d’eaux calcaires. L’eau en s’écoulant de la voûte tombant toujours au même endroit sur le sol, chaque goutte va s’évaporer lentement et déposer de la calcite. La stalagmite pourra mettre plusieurs siècles pour s’élever.

LES GOURS

Les gours sont issus de dépôts de calcite. L’eau souterraine dissout le calcaire du sous-sol. Cette eau peut s’évaporer lorsqu’elle est amenée à stagner dans une cavité préexistante : elle fait des "flaques" d’eau. La concentration en calcite augmente et celle-ci se dépose aux abords de la "flaque" en augmentant le niveau de l’eau. L’alimentation en eau doit être suffisamment faible ou discontinue pour ne pas diminuer cette concentration et arrêter le phénomène de concrétionnement. Le résultat est un bassin appelé "gour". Ils sont souvent disposés les uns à la suite des autres ; les gours inférieurs réceptionnant le trop plein des gours situés en amont.

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TECHNIQUES DE SPELEOLOGIE

Historiquement issues de l’alpinisme, les techniques spéléologiques de progression dans les cavités naturelles à des fins d'exploration, développées par les spéléologues, évoluent selon les besoins, avec l’introduction de nouveaux matériaux et matériels.

Sécurité

La maîtrise des techniques spéléologiques ne suffit pas à assurer la sécurité dans les grottes. Le milieu souterrain peut être dangereux. Les risques principaux sont les chutes, l’hypothermie, l’épuisement, les éboulements, les crues…

Sous terre, les risques s’additionnent et s’aggravent facilement, alors que le sauvetage y est complexe.

Pratiquer la spéléologie, c'est apprendre à lire ce milieu. L'initiation par des spéléologues compétents, la formation, l’expérience, une bonne évaluation de ses propres capacités physiques, le tout additionné d’une attention permanente et d’une humilité de chaque instant, permettent de mieux comprendre le monde souterrain, et par là d'apprendre à en maîtriser les dangers.

Nutrition

Une bonne nutrition contribue à une pratique sûre de l'activité et se doit d'être associée à la sécurité de pratique. Comme pour toute activité sportive il est préférable d'absorber des sucres lents (pâtes, etc.) la veille de la sortie afin de disposer de réserves de sucres (donc d'énergie) pendant la pratique.

Pendant la sortie, le spéléologue peut emporter dans ses poches des barres énergétiques qu'il absorbe pendant les temps d'attente. Si la sortie dure sur une journée il est souvent prévu une pause pour le repas. Les temps de repas doivent être plutôt courts car on se refroidit rapidement. Il est donc préférable de privilégier des aliments qui se consomment rapidement et ne nécessitent pas de perte de temps en découpe, en installation ou en cuisson (sandwichs, barres céréales, fruits, etc. feront l'affaire). Si la sortie est plus longue, les spéléologues sont souvent amenés à installer un campement. Dans ce cas l'équipement emporté est plus important et contient souvent de petits réchauds, généralement à alcool solide, permettant de chauffer des aliments.

Il est également important de s'hydrater régulièrement, de préférence avec de l'eau apportée avec soi et d'éviter de consommer l'eau souterraine qui peut être polluée ou porteuse de germes, car les efforts nécessaires à la progression font perdre beaucoup d'eau, tant sous forme de transpiration que dans le fonctionnement musculaire.

Matériel personnel

VETEMENTS ET ACCESSOIRES

SOUS-COMBINAISON

Le faible volume d'échanges gazeux fait que la température d'une cavité est presque toujours différente de la température extérieure. Elle est grossièrement égale à la moyenne des températures annuelles à l'entrée. En été, il fera donc usuellement plus froid dans la grotte qu'à l'extérieur, et inversement en hiver. Le premier ennemi à affronter est donc le froid. Il peut conduire à l'hypothermie. Or, en spéléologie, il ne suffit pas d'abandonner pour être en sécurité. Lorsqu'on est entré dans une cavité, il faut ressortir. L'équipement antifroid idéal est composé d'une sous-combinaison hydrofuge :

  • On peut utiliser une sous-combinaison de ski, mais cette dernière ne doit pas gêner en limitant l'ampleur des mouvements.

  • L'épaisseur de la sous-combinaison dépend du type de cavités que l'on rencontre dans la région où l'on évolue : si un synthétique de running peut être suffisant en Languedoc, une épaisse polaire sera bienvenue dans le Jura ou le Vercors.

  • Dans les cavités très aquatiques, une combinaison néoprène permettra de se protéger du froid.

  • Des modèles spécifiquement étudiés pour la spéléologie, plus ou moins étanches, sont aussi commercialisés.

  • Précédemment les spéléologues utilisaient une pontonnière en latex mais la fragilité, le risque de remplissage et le maintien de l'humidité due à la transpiration font que son usage devient rare.

La sous-combinaison doit être bien ajustée pour être efficace, de façon à éviter l'effet de « soufflet » lors des mouvements : le courant d'air chasse la couche réchauffée au contact du corps, conduisant à une perte rapide de chaleur ; de plus, les bourrelets du tissu peuvent gêner dans les passages étroits. Le coton, qui retient l'eau froide, est à éviter.

COMBINAISON

On peut sentir de la tension lors de certains passages délicats. La combinaison de spéléologie est conçue pour ne pas gêner la progression : elle reste en place et ne fait pas de bourrelet dans les passages étroits. Elle est indispensable pour aller sous terre car elle protège de la boue, de l'humidité, de l'abrasion, etc. Le tissu synthétique épais résiste à l'abrasion. Il est assez dense pour ne pas s'accrocher à la roche.

Les combinaisons semi-étanches ne sont pas enduites aux coutures ; les combinaisons imperméables protègent efficacement de l'eau, qui est abondante sous terre, mais laissent peu passer la transpiration.

Il est important de bien choisir sa combinaison de spéléologie. Par exemple il est préférable de choisir une combinaison en PVC jaune pour les cavités humides ou froides. Elle est plus pratique pour ramper dans la boue ou faire de la désobstruction, évite que l'eau pénètre par ruissellement jusqu'au corps, protège plus efficacement du froid dû au vent, etc. À l'inverse elle maintient l'humidité due à la transpiration et peut donc être la cause d'un refroidissement du spéléologue.

La combinaison doit correspondre au type moyen de cavité dans la région dans laquelle le spéléologue pratique.

 

GANTS ET BOTTES

Les gants sont surtout utiles pour protéger de l'abrasion de la roche même s'ils concourent aussi à protéger du froid. Utiliser des gants imperméables peut s'avérer utile dans des grottes humides et très froides mais entre les frottements de la corde et ceux de la roche, on finit souvent par les trouer après quelques sorties. De plus, quand on équipe une cavité (pose de vis, plaquettes, mousquetons, nœuds sur corde...), on a besoin d'une dextérité maximale que l'utilisation de gants va dégrader. Dans les moments où les gants peuvent devenir gênants, la meilleure option est de les ranger dans la combinaison, contre soi pour les garder au chaud.

L'utilisation de bottes est pratique dans la plupart des cas : protection contre l'eau et la boue, facilité à nettoyer, rapidité à faire sécher (en particulier pour les bottes non toilées). Mais il faut faire attention à ne pas les remplir d'eau. L'autre option est l'utilisation de chaussures de marche (montantes pour protéger les chevilles) ou de canyonisme, conjointement avec des chaussons néoprènes. Les néoprènes protègent du froid, même mouillés. Les chaussures assurent un meilleur confort et une légèreté accrue par rapport aux bottes. Dans les deux cas, il faut veiller à avoir des semelles de qualité pour assurer une bonne accroche au sol.

GENOUILLERES ET COUDIERES

Il est conseillé de s'équiper de genouillères et de coudières de protection pour les passages étroits ou ceux où il faut ramper. Elles permettent d'éviter le frottement des genoux ou des coudes lors de la reptation au sol ou contre les parois dans les passages étroits. Parfois les genouillères sont directement intégrées dans la combinaison.

 

KIT

Le kit (abréviation de kitbag) de spéléologie est un sac épais et semi-étanche qui permet de transporter le matériel de progression (cordes, connecteurs, sangles, etc.). Il permet également de ranger tout ce qui n'est pas immédiatement nécessaire en progression comme une trousse à pharmacie, des vivres (barres de céréales, sandwich, eau, etc.), du matériel de secours, etc. Il se porte généralement sur les épaules, mais est poussé dans les passages étroits et attaché au maillon central lors des progression verticales sur corde.

BIDON ETANCHE

Le bidon étanche permet de protéger la nourriture et d'éventuels vêtements de rechange. Il est aussi pratique pour remonter à la surface la chaux de combustion des lampes acétylène et les matières fécales. En effet, le milieu souterrain est exempt des bactéries qui pourraient recycler les déchets. Il est donc nécessaire de les remonter en surface. Les inconvénients du bidon étanche (volume incompressible même vide, rigidité, poids, etc.) fait qu'il est abandonné par les adeptes de la spéléologie légère.

ÉCLAIRAGE

Sous terre, il n'y a aucune source lumineuse et passé quelques virages, la lumière extérieure n'est plus perceptible. Sans éclairage artificiel, la progression est impossible. L'éclairage électrique a supplanté l'éclairage dit « à acétylène ». La puissance des diodes électroluminescentes a bouleversé la vision des volumes dans le monde souterrain. Les éclairages électriques diffusent une lumière constante, plus fiable que celle des éclairages à acétylène. Les éclairages à acétylène offrent toutefois un champ d'éclairage (et donc de vision) plus large, et une lumière plus « vivante », plus douce et plus agréable à l'œil. Ces dispositifs à combustion produisent une chaleur parfois appréciable. Ils sont cependant lourds et encombrants. De plus la suie qu'ils dégagent et la chaux qu'ils produisent dégradent les grottes.

Dans tous les cas l'éclairage est fixé sur le casque.

L'équipement du spéléologue comprend un éclairage de secours par individu. Celui-ci est souvent porté sur le casque ou autour du cou, permettant ainsi de l'activer même si le spéléologue progresse sur corde.

ÉQUIPEMENT DE PROTECTION INDIVIDUEL

Outre le casque obligatoire en toute circonstances les EPI en spéléologie concernent aussi le matériel de progression sur corde qui permet notamment d'éviter les chutes. En effet, les grottes et avens peuvent présenter des passages verticaux ou des passages présentant un risque de chute. Il convient donc de progresser en équipant la cavité de cordages. Le corps du spéléologue est tenu par un harnais relié à la corde. Le matériel nécessaire à la progression est attaché au harnais.

Ci-après est décrite la composition du matériel standard en Europe. Il permet de franchir la plupart des obstacles rencontrés dans les cavités européennes.

Comme tout EPI, le matériel du spéléo ne doit pas subir de modification structurelle, ni d'altération, et doit être l'objet de vérification et d'entretien constants, afin de susciter la confiance et de permettre au spéléologue d'évoluer en sécurité.

CASQUE

La protection de la tête est indispensable et obligatoire : dans une grotte, les plafonds peuvent être bas, le sol glissant et accidenté, et les chutes de cailloux plus ou moins volumineux, délogés par les équipiers ou les cordes, sont monnaie courante. Les casques de spéléologie sont généralement constitués d'une calotte et d'une coiffe. La calotte permet de protéger la tête d'un contact avec une pierre qui tombe, ou d'un rocher lors d'une chute du spéléologue, ou tout simplement lorsqu'on se relève après une reptation. La coiffe est constituée de sangles en forme d'araignée qui s'intercalent entre la calotte et la tête. La garde correspond à l'espacement entre la coiffe et la calotte. La présence de la garde permet aux sangles de s'étirer pour amortir le choc et éviter de transmettre une onde qui risquerait de provoquer des lésions cervicales.

Dans les casques récents, la coque extérieure est en ABS et l'espace de garde est remplacé par des matériaux absorbants, tel que le polypropylène expansé, et nommé calotin.

Les boulons de fixation des dispositifs d'éclairage doivent être tournés à l'extérieur du casque, sans dépasser vers la calotte, où ils risqueraient de perforer le crâne lors d'un choc.

HARNAIS

Le harnais, appelé aussi baudrier, est constitué de sangles solides et d'un système d'accrochage (boucles métalliques ou de sangle). Il enserre les cuisses et les hanches du spéléologue. Positionné sur les hanches et autour de la taille du porteur, le harnais-cuissard, grâce à un système de sangles réglables, maintient étroitement le corps du spéléologue qui ne doit pas pouvoir s'en échapper. On ferme le baudrier grâce à un Maillon à vis de ceinture. Le baudrier est conçu pour résister à l'abrasion du milieu souterrain, notamment à l'aide de renforts en PVC. Le baudrier est en outre doté de porte-matériels permettant d'accrocher des mousquetons, bien que ceux-ci soient peu nombreux, cela afin de ne pas gêner la progression, les éléments non indispensables étant rangés dans des sacs.

Le harnais-cuissard est un élément de protection individuelle. Il est pourtant utile de souligner que la suspension d'un corps inconscient dans le baudrier peut entraîner des lésions irréversibles dès la septième minute4. Un sac porté sur le dos au lieu d'être attaché au MAVC peut accélérer ce processus, et faire apparaître ces lésions dès la première minute.

Les harnais d'escalade ne sont pas adaptés à la spéléologie, notamment à cause du « pontet » d'encordement qui oblige à ajouter un connecteur au bloqueur de poitrine, ce qui le place trop haut et des sangles matelassées et rembourrées qui se gorgent d'eau.

Les harnais-cuissards de spéléologie, en raison d'un point d'ancrage bas, n'empêchent pas le basculement du corps. Certains modèles de harnais spéléo spécialement destinés aux enfants sont équipés de sangles supplémentaires enserrant le torse pour empêcher que le corps ne s'échappe du harnais lors d'un retournement. Sur les autres modèles, seul le réglage optimal du harnais empêche la chute lors d'un retournement.

TORSE

Indispensable à la montée, il assure le positionnement vertical du bloqueur de poitrine ; après serrage, il permet de maintenir le buste du spéléologue proche de la corde, pour augmenter l'efficacité de la remontée et éviter de devoir compenser un basculement en arrière exagéré du corps, par un effort supplémentaire des bras. En dehors de la montée, le torse peut être détendu pour ne pas entraver la liberté de mouvement.

Il est à noter que le torse spéléo n'est pas considéré comme un élément de sécurité, il ne fait donc pas partie des EPI et n'est pas normé. Lorsque la morphologie de l'utilisateur présente un risque de chute lors d'un retournement (par exemple le corps très fin d'un enfant), il vaut mieux utiliser un harnais « intégral » qui sera lui normé, y compris pour les sangles tenant la partie supérieure du corps.

MAVC (MAILLON A VIS DE CEINTURE)

Le MAVC, parfois appelé « demi-rond » ou « delta » selon sa forme, ferme le baudrier en reliant les deux boucles. On y accroche les divers éléments de progression et les sacs. C'est toujours par son intermédiaire que l'on se suspend, jamais par les porte-matériels. De droite à gauche, on retrouvera le bloqueur de poitrine, le descendeur et enfin les longes. Le MAVC résiste à de fortes tractions dans tous les axes. Il ne doit pas être remplacé par un mousqueton à vis, dont le doigt est trop fragile, et qui est moins résistant sur son petit axe. Bien qu'on continue à parler de MAVC, aujourd'hui certains maillons sont auto-fermants grâce à une bague automatique ; ils ne sont donc plus « à vis ».

LONGES

La longe (appelée perso dans certaines régions) de spéléologie est double et asymétrique. Pour réaliser la longe, on utilise un élément de corde de 2 m environ noué au MAVC aux deux tiers environ. Un nœud de longe tient un mousqueton à chaque extrémité. Bien qu'elle soit alors unique, on parlera de longe courte et de longe longue.

Les longes permettent de relier un bloqueur de poing, de se suspendre à un fractionnement ou de s'assurer sur une main courante.

Contrairement aux longes d'escalade, les mousquetons à vis ne sont pas adaptés à l'usage des longes spéléologiques, car leurs mécanismes, d'une part fragiles, forment d'autre part une excroissance propre à se bloquer dans les nœuds d'amarrage, risquant ainsi de mettre le spéléologue en difficulté.

Grâce aux propriétés d'absorption des nœuds, les longes nouées sont plus efficaces que les longes cousues. Les nœuds recommandés côté MAVC sont les nœuds en huit et queue de vache. Du côté des mousquetons, ces deux même nœuds sont autorisés, avec la plus petite boucle possible, mais le nœud demi-pêcheur double est préféré car il permet de bloquer aisément le mousqueton dans la bonne position. Dans tous les cas, il faut laisser ou moins 10 cm de corde supplémentaire après le nœud afin de prévenir les roulements de celui-ci lors d'une chute.

BLOQUEUR DE POITRINE

Un bloqueur est un appareil mécanique dans lequel on insère une corde. Une fois qu'il est verrouillé, la corde ne coulisse plus que dans un seul sens. Associé à un bloqueur de poing, il permet au spéléologue de remonter un puits en plein vide, c'est-à-dire sans aucun appui sur une paroi.

L'anneau du bas du bloqueur de poitrine est passé directement dans le MAVC, celui du haut est lié au torse.

BLOQUEUR DE POING

Le bloqueur de poing, ou poignée bloquante, est attaché au bout de la longe longue et se manipule à la main. Associé à un bloqueur de poitrine, il permet au spéléologue de remonter un puits en plein vide, c'est-à-dire sans contact avec la paroi. En main courante, il aide à suivre la corde.

Un bloqueur est fait pour travailler dans l'axe vertical. Dans une situation où une glissade mettrait la poignée en travers (sur une main courante tendue par exemple), la poignée peut s'ouvrir sous le poids du spéléologue. Dans ce type de cas où la poignée est susceptible de travailler à l'horizontale, il faut impérativement être longé en plus (par exemple via le mousqueton de la grande longe auquel la poignée est relié).

PEDALES

La pédale est un élément de sangle, de cordelette 7 mm ou de cordelette dyneema 5 mm (plus résistant à l'abrasion) noué d'un côté en forme de boucle pour le pied, de l'autre fixé au bloqueur de poing par l'intermédiaire d'un connecteur (mousqueton, maillon rapide...). Ce système permet d'avoir un appui efficace, là où une simple traction sur les bras deviendrait rapidement épuisante. Les pédales peuvent être simples (une cordelette reliée à une boucle), doubles (deux cordelettes reliées à deux boucles), ou jumelées (une cordelette reliée à deux boucles).

BLOQUEUR DE PIED

Facultatif, le bloqueur de pied permet d'utiliser les deux jambes pour monter sur la corde. De plus, en tirant la corde vers le bas, le bloqueur de pied aide à faire coulisser la corde dans le bloqueur de poitrine. Il ne s'agit pas d'un EPI mais d'un instrument de confort à la progression.

DESCENDEUR

Ne permettant pas d'éviter une chute, le descendeur simple n'entre pas dans la catégorie des EPI. Il est néanmoins conseillé de le gérer comme tel. Cependant les descendeurs auto-freinants sont des EPI puisqu'ils évitent les chutes8.

Le descendeur est un appareil mécanique composé de deux réas fixés sur des plaques. On fait cheminer la corde autour des réas de façon qu'en frottant l'énergie cinétique de l'utilisateur soit transformée en chaleur. Le descendeur est relié au MAVC par un mousqueton à vis. Associé à un renvoi du type Freno ou Raumer, ou à un simple connecteur mousquetonné, souvent en acier, sur le mousqueton de support, le descendeur permet de réguler la vitesse de descente.

Le descendeur de spéléologie s'utilise de la même manière qu'un huit d'escalade, mais résiste mieux à l'abrasion, est imperdable, et évite la torsion des cordes. Certains spéléologues utilisent le descendeur à barrettes, surtout pour les grandes verticales. Celui-ci permet d'ajouter du freinage lors de son utilisation.

 

DIVERS

Pour des raisons de confort ou de sécurité, le spéléologue possède souvent du matériel supplémentaire qu'il transporte généralement sur lui. On peut citer :

  • Batteries ou piles supplémentaires pour l'éclairage

  • Couverture de survie (les modèles ultralégers — bicolore 90 g — sont à éviter à cause de leur fragilité et donc d'une faible durée d'utilisation) ou chasuble de secours

  • Couteau avec lame crantée

  • Système d'amarrage

  • Clef plate de 13

  • Duct tape

  • Kit de premiers secours

  • Bougie ou chaufferette

  • Point chaud ou de quoi en fabriquer un (par exemple, couvertures de survie fines et ficelles)

  • Ficelou monobrin (plus adapté à la corde à simple) ou anneau de cordelette 7 mm (pouvant aussi servir pour relier le kit au MAVC) ou anneau de sangle en dyneema (pouvant alors servir d’amarrage). Il permettra de réaliser un nœud autobloquant pour remplacer un bloqueur perdu ou défectueux.

Progression

MARCHE

Tant que possible, on marche sous terre. C'est la méthode de progression la moins fatigante.

Les sauts ne sont pas conseillés, car le sol souvent inégal peut provoquer des blessures aux conséquences parfois importantes. De plus, le sol pourrait rompre (par exemple avec un plancher stalagmitique) et faire chuter le spéléologue de plusieurs mètres.

NAGE

En raison du matériel qu'il transporte, le spéléologue ne flotte généralement pas. Les bottes, si utiles pour franchir les flaques peu profondes, deviennent un handicap une fois emplies d'eau : en empêchant le développement du pied, elles rendent la nage difficile, voire impossible.

La progression dans l'eau profonde, doit être assistée. Une combinaison néoprène, bienvenue dans ces conditions, améliore un peu la flottabilité. Néanmoins, la bouée est unanimement appréciée. Une chambre à air de voiture, à laquelle on a ôté la valve, puis gonflé à la force des poumons, enfin passé sous les bras, suffit généralement à flotter.

BATEAU

Beaucoup plus confortable que la nage, la progression en barque peut, avec la plupart des embarcations utilisées en spéléologie, se transformer assez brutalement en progression à la nage. Il est essentiel de prendre en compte le chavirement pour sécuriser le passage. Le bateau sera solidement amarré aux deux extrémités afin de permettre le va-et-vient de l'embarcation.

RAMPING ET LAMINOIR

C'est par ces noms que l'on désigne les passages plus larges que hauts. Selon la hauteur du passage, on progresse accroupi, à quatre pattes ou en rampant. Il n'y a rien de mieux pour renforcer l'esprit d'équipe quand on est là à ramper dans la boue avec ses coéquipiers. La reptation est fatigante et peut être éprouvante psychologiquement. Il faut donc être prêt à renoncer devant un passage difficile.

En effet, la contention du corps peut être désagréable dans les cas extrêmes. Lorsque la cage thoracique est coincée entre le plafond et le plancher, l'amplitude des respirations est limitée, et c'est la respiration abdominale qui doit prendre le relais. Une panique à cet instant accélère le rythme respiratoire et accentue l'effet de malaise. Il convient donc d'être vigilant et si possible aidé par un coéquipier.

PROGRESSION EN MEANDRE

Au contraire, un méandre est une galerie très étroite mais assez haute pour le passage de l'homme. Si la largeur, la hauteur ou le profil du méandre rendent une chute dangereuse, il doit être équipé en vire.

Selon la configuration du méandre, on peut progresser en opposition de face avec une main et un pied sur chaque paroi, ou en opposition de profil (dos ou fesses sur une paroi, pieds de l'autre côté) : selon le profil du passage, diverses parties du corps peuvent être appelées à renforcer le blocage : opposition entre pointes et talons de pied, entre talons et genoux, coude et poignet…

Si le méandre est étroit, mais permet de laisser les pieds au sol, on progresse alors de profil, en anticipant la meilleure position à adopter : il est souvent impossible de se retourner.

Il convient d'être très prudent dans le cas d'un méandre se rétrécissant vers le bas. Dans ce cas, on progresse usuellement en hauteur. Même si la chute n'est pas dangereuse, il est très difficile de sortir seul d'une telle situation de coincement : plus le corps bouge plus il s'enfonce, le risque d'asphyxie augmente et la panique aggrave l'épreuve.

DENIVELLATION

Lors d'une progression en reptation, le spéléologue ne s'engage jamais tête la première dans un passage descendant. En effet, la pesanteur interdit rapidement la remontée si elle s'avère nécessaire. De plus, le sang afflue vers la tête, ce qui est désagréable, voire dangereux. Au contraire, il faut passer les pieds en premier et, comme mentionné précédemment, ne pas traîner un sac derrière soi, l'idéal étant de le faire passer entre coéquipiers (ou de le guider devant soi à l'aide des pieds).

Devant un passage inconnu, il convient d'être méfiant. La position retenue sera le plus souvent tête en premier, mais continuer ainsi si le passage commence à descendre serait une erreur grave.

CHATIERE ET ETROITURE

Certains passages horizontaux ou verticaux peuvent être d'une exiguïté extrême, particulièrement compliqués à négocier pour des spéléologues de fort gabarit ; voire infranchissables. Si le spéléologue doit retirer son matériel pour passer, ou s'il transporte un sac, ces derniers doivent être poussés devant soi et non traînés : sinon, leur coincement interdirait toute retraite. Une solution simple et efficace consiste, quand c'est possible, à se passer le matériel entre coéquipiers.

BOYAU

Un boyau est une galerie longue et étroite où la reptation est obligatoire. Moins pénible qu'une étroiture, il peut néanmoins être épuisant par sa longueur.

PASSAGE EN VIRE ET MAIN COURANTE

Les grottes et avens peuvent présenter des passages présentant un risque de chute, qui seront donc équipés de cordages par un spéléologue confirmé.

Les cordes sont installées pour assurer la protection à l'approche d'un point exposé au vide. Ainsi, l'approche de chaque puits est équipée d'une main courante. Une main courante est une corde quasi-horizontale reliée en ses deux extrémités à des amarrages (naturels ou artificiels). Elle est tendue et placée en hauteur. Elle débute avant la zone exposée au risque de chute et continue, ininterrompue, jusqu'à la fin de la zone exposée, ou, au contraire, jusqu'au début d'une descente verticale.

Dès que la main courante est accessible, on s'y sécurise. On doit impérativement se longer à la main courante avant d'être exposé au risque de chute. On oriente le mousqueton de façon que la roche ne puisse pas l'ouvrir en appuyant sur le doigt.

Certaines mains courantes présentent des points intermédiaires : la corde est reliée en un point à un amarrage, formant ainsi deux segments séparés. Pour passer cet obstacle, on utilise alternativement les deux longes, sachant qu'une longe doit être fermée à tout moment sur la corde de progression.

LA VERTICALE A LA DESCENTE

Au bout d'une certaine distance en progression sur la main courante, le spéléologue arrive en vue de la corde du puits. C'est une corde verticale, soit nouée à la main courante, soit en continu, fixée à plusieurs amarrages. On y place le descendeur.

Quand les cordes sont mises en place au cours de la progression, il est impératif de préparer des nœuds au bout de ces cordes avant de les ensacher dans les kits : en effet, pendant la descente, il est impératif que le descendeur de l'explorateur se bloque instantanément contre ce nœud terminal au moment où la corde s'avère trop courte ! On anticipera aussi l'ajout d'une nouvelle corde, obligeant la cordée au « passage de nœud », technique complexe à la descente. La mise en place d'un nœud intermédiaire doit respecter des règles strictes quant au choix des natures et diamètres cordes ainsi que du type de nœud de jonction, sous peine d'un glissement des cordes. Attention également à l'allongement dû à l'élasticité, qui peut mettre la corde hors d'atteinte une fois déchargée.

On évitera de faire frotter la corde aux parois. Pour cela, plusieurs techniques existent afin de s'adapter aux différents cas, tel que le fractionnement et la déviation.

La descente peut être contre-assurée par un spéléologue confirmé. Mais après quelques descentes, un spéléologue débutant est capable de gérer sa descente seul.

Quelles que soient les circonstances, il est impératif de ne jamais lâcher la corde en aval du descendeur. Lâcher la corde provoque l'emballement de la descente et la chute du spéléologue avec des conséquences dramatiques à la clef (chute au sol, reprise très violente par le baudrier si on arrive à un fractionnement, brûlures aux mains si on essaie de reprendre le contrôle de la chute...). Si on a besoin de lâcher la corde, il faut d'abord réaliser une clef d'arrêt qui bloquera le descendeur.

Selon la section de la corde, son état, et les forces en présence, la régulation de la descente se fait soit en laissant filer la corde entre les deux mains, soit en alimentant le descendeur par brassées successives.

Arrivé en bas, une fois le descendeur enlevé, le spéléologue annonce que la corde est disponible pour le suivant, en criant le mot « libre ». Il se met en même temps à couvert, pour ne pas être exposé aux chutes de pierres ou d'objets divers (appareils photos…) causées par les suivants.

Parfois, l'arrivée se fait sur une main courante ; ou bien, lorsque la descente dans le puits est fractionnée en plusieurs tronçons, sur un fractionnement. Un spéléologue confirmé supervisera alors la manœuvre.

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